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Préoccupations et inquiétudes

Mot du président

25/09/2026

Ces derniers jours, 3 dossiers ont retenu l’attention de notre ordre professionnel : la détresse des médecins, la médiatisation de plaintes et la place du privé en santé.

Détresse des médecins

Au fil de ma présidence, j’ai eu l’occasion de sillonner le Québec et de visiter ses principaux pôles en santé. J’ai aussi ouvert régulièrement le dialogue avec des cliniciens et des futurs médecins, ce qui m’a permis de mesurer l’intensité de la détresse dans la profession médicale. Celle-ci peut bien sûr être attribuée à divers facteurs : l’impact des législations qui bousculent le secteur de la santé, la lourde charge de travail des médecins, le fait qu’ils soient confrontés quotidiennement à la souffrance humaine, etc.

Depuis mars 2026, 5 médecins ont mis fin à leurs jours : il importe de se questionner sur cet état de fait et d’y réfléchir. D’ailleurs, 1 500 cliniciens du Québec ont signé une pétition réclamant au coroner d’enquêter sur le phénomène. Le CMQ y collaborera, en plus de continuer à travailler étroitement avec le Programme d’aide aux médecins du Québec (PAMQ), avec lequel il a déjà élaboré un atelier de formation destiné au corps médical sur les facteurs d’épuisement professionnel. Car pour bien vous soigner, les cliniciens doivent prendre soin d’eux, sans hésiter à demander de l’aide et du soutien en cas de besoin.

Médiatisation

Par ailleurs, le Collège suit avec attention la médiatisation récente de plaintes en déontologie, de même que les prises de position publiques qui s’y rattachent.

La liberté d’expression est un droit protégé par les chartes : la jurisprudence et les codes de déontologie balisent, chacun à leur façon, ce droit. Ce sont les décisions des tribunaux qui permettront d’éclairer ce débat. D’ici là, la protection du public et une médecine de qualité demeurent les priorités de notre ordre professionnel.

Privé en santé

Saviez-vous qu’au Québec, le secteur privé occupe une place plus importante dans le réseau de la santé que dans n’importe quelle autre province au Canada? En plus de donner lieu à des inégalités, cela ouvre toute grande la porte à l’instauration d’un système de santé à deux vitesses, ce que le CMQ dénonce au nom de la mission qui est la sienne à titre d’ordre professionnel : vous protéger en veillant à une médecine de qualité.

S’intéressant à la question depuis plusieurs années, le Conseil d’administration du CMQ a même énoncé, en novembre 2024, 6 principes directeurs pour baliser le privé en santé.

Puisque près de 2 ans plus tard, le Québec reste en tête de peloton du secteur privé, le Collège a voulu documenter davantage son positionnement en la matière. Une étude a donc été commandée à 2 chercheurs : Olivier Jacques, professeur agrégé à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, et Antoine Rondeau, enseignant en sciences économiques au Cégep Montmorency.

En s’appuyant sur des études issues d’une variété de pays dans le monde, la recherche démontre qu’une utilisation mal encadrée du privé peut accentuer les inégalités, détourner des ressources du réseau public et augmenter les coûts globaux du système public. On a d’ailleurs constaté des dérives.

Compte tenu de tout cela, le CMQ, son Conseil d’administration et moi-même remettons à l’avant-plan nos principes directeurs et demandons, par extension, que soient évités :

  • le développement d‘une médecine à 2 vitesses susceptible de défavoriser les personnes moins nanties;
  • le recours grandissant aux chirurgies privées dont les coûts sont plus élevés que celles pratiquées dans les hôpitaux;
  • et le va-et-vient de médecins entre les réseaux public et privé, un phénomène unique au Canada.

Je vous invite à cliquer sur le bouton ci-dessous pour accéder à l’étude détaillée. Comme des élections auront bientôt lieu au Québec, notre ordre professionnel a fait des revendications en ce sens aux partis politiques actuellement en campagne.

Lisez l’étude

Portrait de Mauril Gaudreault

Dr Mauril Gaudreault,
Président du Collège des médecins du Québec

Dans le cadre de ses fonctions, il représente le Collège auprès des instances politiques et de divers partenaires afin d'en assurer le rayonnement. Il s'assure que les services de l'ordre reflètent bien sa mission, soit de protéger le public en veillant à une médecine de qualité.